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Menace et manipulation entre le média identitaire « Livre noir » et l’humoriste Yassine Belattar

Menace et manipulation entre le média identitaire « Livre noir » et l’humoriste Yassine Belattar

C’est après le tombé de rideau que la mauvaise farce a commencé, au Théâtre de Dix Heures, dans le 18arrondissement de Paris. La mine grave, Jordan Florentin, 28 ans, « rédacteur en chef du service politique » de Livre noir, jeune média en ligne proche de l’extrême droite, a posté, le 20 novembre, une vidéo lourdement accusatrice : « Hier soir, Yassine Belattar m’a retenu enfermé pendant une heure, grille baissée, dans son théâtre, pour avoir réalisé avec mon collègue des interviews de son public dans la rue, avant son spectacle. Menacé de mort, séquestré La police est finalement arrivée. J’ai déposé plainte. »

Son message fait grand bruit. Le jeune homme est invité dans la foulée sur CNews et C8 ; Eric Zemmour vitupère sur Twitter contre « la racaille [qui] se croit tout permis » ; Marion Maréchal réclame que « justice soit faite ». L’affaire est pourtant loin d’être limpide. Yassine Belattar et cinq témoins interrogés contestent fermement la version de Livre noir. « Ce sont les méthodes trumpistes : créer des fake et se victimiser pour montrer que les immigrés sont des sauvages », dénonce même le producteur de théâtre Thomas Barbazan.

« Lynchage verbal »

Jordan Florentin, qui travaille à Livre noir depuis le 1er octobre mais sans carte de presse, et s’appelle en réalité Jordan Da Rocha, n’a pas porté plainte pour « séquestration » mais pour « un vol de trottinette électrique », « diffamation », « violence sans incapacité de travail » et « menace de mort réitérée ». Le 19 novembre, il s’était rendu incognito au spectacle avec un assistant pour tourner un reportage sur l’humoriste nommé en 2018 par Emmanuel Macron au conseil présidentiel des villes (avant d’en démissionner en 2019). Ils ont d’abord interrogé plusieurs personnes sur le trottoir – « Pensez-vous que Belattar est islamo-gauchiste ? ». « Cet homme n’a pas décliné le média pour lequel il travaillait, a déclaré à la police le producteur du théâtre, qui a déposé une main courante, et n’a fait signer aucune autorisation de diffusion aux personnes interrogées. »

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Puis Jordan Florentin présente un passe sanitaire au nom d’Adolf Hitler. Interloqué, le contrôleur le laisse entrer et le jeune homme confie sa trottinette au producteur. Il assure ne pas avoir filmé dans la salle, mais Thomas Barbazan en doute et rappelle que le spectacle est une propriété privée et qu’on n’a en aucun cas le droit de le diffuser.

En fin de soirée, Yassine Belattar papote avec son public et les deux jeunes hommes s’attardent. Soudain, le garde du corps de l’humoriste leur signale qu’ils ont été identifiés. Une dizaine de spectateurs protestent contre leurs méthodes. « Nous avons alors subi un lynchage verbal des personnes présentes, nous nous sommes fait traiter de fachos et de nazis », indique le jeune homme dans sa déposition. « Ils étaient en troupeau », complète-t-il, choqué. C’est là que Yassine Belattar reconnaît Jordan Florentin, qui avait réalisé une vidéo pour Livre noir à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

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