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Licences de pêche : une première action nationale des pêcheurs français vendredi

Un des marins du « Laurent-Geoffray » débarque sa cargaison de poissons, à Boulogne-sur-Mer, le 3 novembre 2021. Un des marins du « Laurent-Geoffray » débarque sa cargaison de poissons, à Boulogne-sur-Mer, le 3 novembre 2021.

C’est le « coup de semonce » qu’ils annonçaient depuis le début de la semaine pour exiger l’octroi rapide par le Royaume-Uni de licences de pêche post-Brexit. Les pêcheurs français procéderont, vendredi 26 novembre, à des opérations de blocage des marchandises dans les ports de Saint-Malo, Ouistreham, et Calais et au niveau du tunnel sous la Manche, a déclaré jeudi une porte-parole du Comité national des pêches.

« Nous ne voulons pas l’aumône, nous voulons seulement récupérer nos licences. Le Royaume-Uni doit respecter l’accord post-Brexit. Trop de pêcheurs sont encore sur le carreau », a déclaré Gérard Romiti, le président du Comité national lors d’une conférence de presse. « Cela fait onze mois qu’on attend la bouche ouverte. La patience des professionnels a des limites. Nous espérons que ce coup de semonce sera entendu », a ajouté M. Romiti, n’excluant, à l’avenir, « aucune action ». Ce mouvement est une réponse à l’attitude « provocatrice » et « humiliante » des Britanniques. « Cette question des licences est l’arbre qui cache la forêt : de sa résolution dépendront les relations avec le Royaume-Uni sur le long terme », a-t-il prévenu.

A Calais, le port sera paralysé de 12 heures à 13 h 30, tandis que le tunnel sous la Manche sera bloqué aux entrées et aux sorties au moyen de camionnettes, a précisé Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches pour les Hauts-de-France. A Saint-Malo, le port sera, quant à lui, bloqué de 8 heures à 9 heures, a dit son homologue breton, Olivier Le Nézet.

« Nous sommes déçus des menaces de protestation. Il appartiendra aux Français de s’assurer que des actes illégaux ne sont pas commis et que les échanges commerciaux ne sont pas affectés », a réagi un porte-parole de Downing Street.

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Régler le contentieux d’ici au 10 décembre

De son côté, la Commission européenne a demandé, mercredi, à Londres de régler ce contentieux post-Brexit. « Le commissaire Virginijus Sinkevicius [environnement et pêche] s’est entretenu (…) avec le ministre [britannique] George Eustice et a insisté pour que les contentieux sur les licences de pêche soient conclus d’ici au 10.12.2021 », avait expliqué un des porte-parole de la Commission. « En ce qui concerne les navires de remplacement et les eaux de Guernesey, les travaux se poursuivent pour trouver une solution d’ici à la fin du mois », a-t-il précisé.

La France a haussé le ton et demandé à la Commission d’être « plus active » pour régler ce contentieux. « L’espace de dialogue doit avoir une date limite et cette date limite la Commission doit la donner au Royaume-Uni », avait déclaré la ministre de la mer, Annick Girardin.

La France réclame plus de licences de pêche à Londres et à l’île anglo-normande de Jersey dans le cadre de l’accord post-Brexit signé fin 2020. Les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir.

Au total, depuis le 1er janvier 2021, la France a obtenu « plus de 960 licences » de pêche dans les eaux britanniques et celles des îles anglo-normandes, mais Paris réclame encore plus de 150 autorisations, selon le ministère français de la mer. Londres estime, de son côté, avoir octroyé 98 % des licences demandées.

Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnés France – Royaume-Uni : les multiples raisons d’une brouille profonde

Le Monde avec Reuters

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