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Biathlon : l’équipe de France se voit « plus imprévisible, avec des potentialités de médailles incroyables »

Biathlon : l’équipe de France se voit « plus imprévisible, avec des potentialités de médailles incroyables » Biathlon : l’équipe de France se voit « plus imprévisible, avec des potentialités de médailles incroyables »

« J’ai hâte que la saison reprenne ! » Le 4 octobre, lors de la présentation des équipes de France, à Romilly-sur-Seine (Aube), le directeur technique national de la Fédération française de ski, Fabien Saguez, se languissait du lancement d’un hiver, dont le point d’orgue sera les Jeux olympiques de Pékin, du 4 au 20 février 2022. Après les skieurs freestyle, les skieurs alpins et les snowboardeurs, c’est, désormais, au tour des biathlètes de retrouver officiellement la piste et le pas de tir, samedi 27 et dimanche 28 novembre, pour la première étape de la Coupe du monde à Oestersund, en Suède.

Traditionnelle compétition de présaison, et sorte de répétition générale pour les meilleurs biathlètes internationaux, les courses de Sjusjoen, en Norvège, les 13 et 14 novembre, ont laissé présager de belles perspectives pour les Bleus. Julia Simon s’est octroyé le luxe de devancer, sur l’épreuve de sprint, les Norvégiennes Marte Olsbu Roeiseland et Tiril Eckhoff, vainqueure de la dernière Coupe du monde, grâce à un 10 sur 10 au tir – la Française est la seule membre du top 5 à avoir signé une telle performance. Chloé Chevalier, elle, s’est illustrée sur la mass-start avec une deuxième place derrière la Norvégienne Ingrid Tandrevold. Quentin Fillon Maillet et Emilien Jacquelin se sont offert un podium, terminant respectivement deuxième et troisième de la mass-start masculine, remportée par le Norvégien Tarjei Boe.

A l’entame de cette saison, plusieurs biathlètes tricolores n’en ont pas fait mystère : ils ont déjà les yeux rivés sur la Chine. « Ça fait trois ans que je finis troisième au classement général [de la Coupe du monde], avec cinq médailles aux trois derniers championnats du monde… Je ne vais pas mentir, l’objectif, c’est d’aller chercher l’or à Pékin », confiait ainsi Quentin Fillon-Maillet, en octobre.

Médaillée de bronze olympique en Corée du Sud en 2018 en relais féminin, vice-championne du monde de sprint et troisième de la poursuite en 2021, Anaïs Chevalier-Bouchet, aussi, se verrait bien monter sur le podium en février : « J’ai l’expérience maintenant, j’ai la maturité pour aborder des Jeux en ayant l’ambition d’aller chercher des médailles aussi en individuel. »

Après une année 2020-2021 conclue par un deuxième titre mondial de rang en poursuite et une septième place mondiale au classement de la Coupe du monde, Emilien Jacquelin, lui, aurait bien joué cette saison le général de la Coupe du monde, désireux de « gagner en régularité ». Victime d’une fracture du radius durant l’été, l’Isérois a, finalement, décidé de se concentrer sur les Jeux et la quatrième étape de la Coupe du monde, au Grand-Bornand (Haute-Savoie), mi-décembre.

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« Des potentialités de médailles incroyables »

A Pékin, le biathlon français sera parmi les plus attentivement scrutés. Depuis Albertville (Savoie) en 1992, les Tricolores ont accumulé vingt-cinq médailles dans cette discipline, dont neuf en or. La discipline fut encore la plus grande pourvoyeuse de médailles de la délégation nationale lors des Jeux en Corée du Sud en 2018 – cinq sur les quinze glanées au cours de cette édition.

Les Bleu(e)s retiendront d’autant plus l’attention, que l’équipe est totalement « transformée » après le départ de sa figure tutélaire, le quintuple champion olympique, Martin Foucade, qui a raccroché les skis en 2020. « D’une équipe autour d’un leader avec trois médailles d’or à Pyeongchang, on est passé à une équipe plus imprévisible mais avec des potentialités de médailles incroyables, chez les filles comme chez les garçons », fait valoir Fabien Saguez.

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Les premiers rendez-vous du circuit de Coupe du monde permettront d’évaluer l’état de forme d’un collectif que le directeur du biathlon français, Stéphane Bouthiaux, juge relativement « homogène » : « Quentin [Fillon Maillet] a été le meilleur sur la saison passée, mais Emilien [Jacquelin] a été champion du monde et Simon [Desthieux], lui, a fait des médailles individuelles sur des Mondiaux pour la première fois de sa carrière. Ils sont tous sur un pied d’égalité, à l’attaque de la nouvelle saison. Chez les femmes, c’est pareil. »

Il met toutefois en garde sur la tentation de tout miser sur l’échéance pékinoise. En raison des restrictions liées à la crise sanitaire, les biathlètes français n’ont pas eu l’occasion de se rendre en Chine pour découvrir le Hualindong Ski Resort, qui accueillera les épreuves olympiques.

Les conditions de compétition s’y annoncent « très difficiles » avec des températures glaciales et un vent violent. « On a quelques vidéos du site pour arriver à se projeter, c’est inédit. D’habitude, on peut adapter la préparation pendant l’été. Là, on n’a rien de tout ça », résumait Simon Desthieux, cent jours avant la cérémonie d’ouvertures des Jeux.

Julia Simon, lors de l’épreuve de mass-start de Coupe du monde à Oberhof, en Allemagne, le 17 janvier. Julia Simon, lors de l’épreuve de mass-start de Coupe du monde à Oberhof, en Allemagne, le 17 janvier.

Les biathlètes s’attendent à des perturbations susceptibles d’affecter fortement leur tir. Une des composantes de la discipline dans laquelle le paramètre confiance est déterminant pour aller chercher des résultats. « Or, cette confiance on ne peut l’acquérir qu’en réalisant de bonnes performances avant », insiste Stéphane Bouthiaux.

Les Français bénéficieront de sept des dix étapes de Coupe du monde avant les Jeux olympiques pour se jauger. D’ici là, une autre date leur tiendra particulièrement à cœur : la manche des 16 et 17 décembre, devant leur public au Grand-Bornand.

« Si l’ensemble de la saison se passe bien, on est sûrs que ces deux échéances se passeront bien aussi », résume le directeur du biathlon tricolore. Une vision partagée par Simon Desthieux : « Pour arriver dans les meilleures dispositions à Pékin, l’idéal est d’avoir fait des podiums avant. » Et pourquoi pas, avoir déjà emmagasiné quelques victoires.

Aude Lasjaunias

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