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Présidentielle 2022 : les partis de gauche peinent à financer leur campagne

A la convention d'investiture du PS à Lille, le 23 octobre 2021. A la convention d'investiture du PS à Lille, le 23 octobre 2021.

Depuis plusieurs semaines, les sondages, guère reluisants, donnent des sueurs froides politiques aux candidat(e)s de gauche, et aussi des frissons financiers aux banques susceptibles de leur prêter de l’argent pour la campagne présidentielle. « C’est compliqué. On ne va pas dire que, financièrement, tout roule, mais ce n’est pas la catastrophe non plus » : Manuel Bompard, directeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, résume le sentiment général à gauche. « Nous avions déjà eu des difficultés pour le prêt il y a cinq ans. Nous prévoyons un coût de campagne de 11 millions d’euros, comme en 2017. Avec un emprunt qui couvre 50 % du budget. Nous avons des fonds propres et nous visons 2,5 millions d’euros de dons. On en est à 1. »

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La loi est la même pour tout le monde : l’Etat rembourse 8 millions d’euros des dépenses de campagne – plafonnées à 16,8 millions – des candidats non qualifiés pour le second tour, mais qui ont totalisé au moins 5 % des suffrages. Seulement, pour prêter, les banques ont leurs propres exigences, qui se fondent sur la solvabilité des partis et les sondages. Elles demandent trois enquêtes d’opinion qui placent le candidat, ou la candidate, au-dessus d’un seuil de 8 % des intentions de vote. En dessous, c’est une zone de risque qui dissuade les établissements bancaires de s’engager. « On l’avait pressenti avec les européennes, les banques ne jouent plus le jeu, analyse Pernelle Richardot, ancienne trésorière du Parti socialiste (PS). Ce qui pose un vrai problème démocratique»

Chez les écologistes, Mounir Satouri, le directeur de la campagne de Yannick Jadot, vise une campagne ambitieuse « de 10 millions d’euros ». Celle d’Eva Joly, en 2012, avait coûté 1,8 million d’euros. « Nous avons soumis une demande de prêt de 6,4 millions d’euros, il y a dix jours auprès du Crédit coopératif. Nous apportons 1,6 million d’euros de fonds propres et nous espérons 2 millions d’euros de dons, détaille Thierry Brochot, le trésorier de la campagne. Nous n’aurons aucune difficulté tant que Yannick Jadot restera à ce niveau [entre 7 % et 9 %] dans les sondages»

Mauvaises rumeurs

Vendredi 19 novembre, Le Figaro faisait état de difficultés financières pour Anne Hidalgo, qui aurait essuyé plusieurs refus de prêts bancaires. Au PS, on est persuadé que ces mauvaises rumeurs sont attisées par les écologistes, pour discréditer un peu plus un parti désargenté et relancer l’hypothèse d’un retrait anticipé de la candidate, en dessous de 8 % dans les sondages. Pour Marie-Pierre de la Gontrie, sénatrice de Paris et mandataire de la campagne d’Anne Hidalgo, « c’est faux ! Tout ça, c’est de l’intox. Nous n’avons enregistré aucun refus. Nous travaillons avec le Crédit coopératif. Je n’ai pas d’inquiétude, car nous aurons les 500 parrainages, ce qui est important pour la banque, et aussi car le PS a des moyens importants, y compris dans ses fédérations. Enfin, le parti est propriétaire d’un siège qui vaut 9 millions d’euros » et qui peut être hypothéqué en cas d’emprunt.

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