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Présidentielle 2022 : la dernière campagne de Mélenchon

Le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon au salon du « Made in France », à Paris, le 12 novembre 2021. Le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon au salon du « Made in France », à Paris, le 12 novembre 2021.

Les élèves de l’Essec sont taquins pour le retour d’un invité de marque, Jean-Luc Mélenchon. « A défaut de sang neuf, vous apportez du sang chaud », lance un élève en introduction, mardi 16 novembre. Jean-Luc Mélenchon écoute les blagues presque sans sourciller, « c’est plein d’erreurs, mais sympa », assure-t-il, faisant taire l’image du tribun qui se fâche. Il y a cinq ans, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, il emportait l’acclamation des jeunes « suppôts du capitalisme » de cette grande école de commerce. Cette année, l’ambiance est calme, studieuse même. Idéal pour endosser le costume du grand instituteur républicain sans se faire interrompre, moins pour accréditer l’idée d’une dynamique de campagne.

Faire trois campagnes, c’est forcément s’exposer à des redites et des comparaisons, pas toujours favorables. Jean-Luc Mélenchon en fait les frais. Plus tôt dans la journée ce même mardi, il était à l’Assemblée au côté de la compagne et du père de Julian Assange pour le défendre et proposer, comme en 2016, d’octroyer la nationalité française au lanceur d’alerte. Dans son entourage, le dosage entre continuité et renouvellement figure en bonne place des questionnements stratégiques. Dans cette campagne, il y a des choses qui changent, d’autres non.

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Bien sûr, côté « insoumis », on aimerait surtout que l’issue soit différente, même si vu l’état des forces à gauche, cela relève du coup de théâtre. Qu’importe si le chemin est ténu, le score dans les sondages plus bas qu’il y a cinq ans à la même époque, on préfère se dire que la troisième et dernière campagne de Jean-Luc Mélenchon sera la bonne. « Le jamais deux sans trois est gagnant la plupart du temps dans la Ve », note le député de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel. D’autres, plus pessimistes, remarquent que l’effet de surprise de 2017, quand l’ancien sénateur se hissait à la hauteur d’un candidat de second tour, n’est plus là. En creux, il y a l’angoisse que quelque chose ne se passe pas.

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Les dérapages du candidat

Pour combattre cette éventualité, les « insoumis » déploient une campagne diversifiée, précise. « Des interviews programmatiques, des expressions médiatiques, des déplacements dans les facs qui sont comme une série de grands oraux… », énumère Clémence Guetté, responsable du programme. Une campagne au cordeau qui ne souffre qu’une exception, les dérapages du candidat. Le dernier, sur BFM-TV le 28 octobre, a vu le candidat, interrogé sur l’antisémitisme supposé d’Eric Zemmour, trébucher en estimant que « M. Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu’il reproduit de nombreux scénarios culturels » liés au judaïsme. Il a rapidement esquissé des excuses sur Facebook, s’est dit « prêt à admettre [qu’il s’est] mal exprimé puisque [il a] donné prise à des interprétations qui sont au contraire de ce [qu’il] pense ». Sans pour autant lâcher l’affaire : jeudi, sur son compte Twitter, il estimait que le polémiste avait été « acclamé » lors d’une réunion du Conseil représentatif des institutions juives de France.

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