Wikirise

Nouvelles

Présidentielle 2022 : depuis Rome, Emmanuel Macron tente de s’adresser aux catholiques

Que leur foi soit discrète ou notoire, qu’ils croient aux « forces de l’esprit » ou en Dieu le père, les présidents de la Ve République ont rarement dérogé à rendre visite au pape. A l’exception notable de Georges Pompidou, qui, dans une France post-soixante-huitarde, avait préféré éviter un voyage officiel au Vatican, tous, du général de Gaulle le catholique fervent à François Hollande l’athée, ont cédé au rituel. Et si aucun chef d’Etat ne peut plus affirmer, comme de Gaulle, que si « la République est laïque, la France est chrétienne », tous savent que le catholicisme occupe une place à part au sein de l’ancienne fille aînée de l’Eglise.

Emmanuel Macron, qui se rend vendredi 26 novembre au Vatican pour une audience avec le pape François, n’ignore rien de la portée hautement symbolique de son geste de ce côté-ci des Alpes. Et l’Elysée a beau rappeler que le président s’adresse au pape comme aux différents représentants religieux, juifs, musulmans ou protestants, cette visite auprès du souverain pontife, après celle du 26 juin 2018, à cinq mois de l’élection présidentielle, peut se lire comme une attention particulière portée aux catholiques de France.

Elle n’est guère la première. Le 9 avril 2018, sous les voûtes du Collège des Bernardins à Paris, devant les évêques de France, le chef de l’Etat avait affirmé vouloir « réparer » le « lien abîmé » entre l’Eglise et l’Etat. Une façon de courtiser cet électorat majoritairement tenté par la droite. Lors de la présidentielle de 2017, les votes des catholiques pratiquants s’étaient largement portés sur François Fillon (Les Républicains). Le reste s’était réparti entre la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron, rappelle Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinion de l’IFOP et coauteur de La France sous nos yeux (Seuil, 496 pages, 23 euros).

Ainsi, ce public jusqu’ici plutôt réticent à voter à l’extrême droite avait sauté le pas. « 2017 a aussi acté la disparition presque totale de ceux que l’on appelait les “cathos de gauche” », observe M. Fourquet. Un phénomène étayé dans l’essai La Grande peur des catholiques de France (Grasset, 2018) du vaticaniste Henri Tincq, ancien journaliste au Monde, décédé en 2020, qui affirmait à l’époque « ne plus reconnaître son Eglise ».

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le catholicisme peut-il survivre au XXIe siècle ?

Codes et références

Cinq ans plus tard, dans une France bousculée par les débats identitaires, l’irruption du candidat encore non déclaré Eric Zemmour, dont le discours cherche à séduire une France catholique conservatrice, risque d’accentuer la porosité de cet électorat avec l’extrême droite. Le voyage d’Emmanuel Macron au Vatican vise, en partie, à démontrer la part d’incohérence que sous-tend ce choix électoral. « Il n’est jamais inutile de rappeler à tous les catholiques quelles sont les valeurs fondatrices d’ouverture, de bienveillance et de respect de l’autre portées par leur religion », indique un proche du chef de l’Etat.

Il vous reste 44.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Cliquez pour commenter

You must be logged in to post a comment Login

Laisser une réponse

LE PLUS POPULAIRE

To Top