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Paris veut agir face à l’essor du « chemsex »

Le sujet associe deux tabous, le sexe et la drogue. Très peu de responsables politiques ont donc pris position jusqu’à présent à propos du « chemsex », cette pratique qui consiste à consommer diverses drogues lors de rapports sexuels afin de stimuler le désir, d’accroître le plaisir et de le faire durer. Mais devant les risques liés à ce phénomène émergent, la Mairie de Paris a décidé d’intervenir, ont annoncé les élus, mercredi 24 novembre.

« L’enjeu est important, il faut se mobiliser, et Paris va prendre toute sa responsabilité, affirme Jean-Luc Roméro-Michel, l’adjoint d’Anne Hidalgo (Parti socialiste) chargé de la lutte contre les discriminations. Nous préparons un plan stratégique pour les quatre ans à venir. Cinq groupes de travail vont être mis en place en 2022. » Parmi les pistes envisagées figurent une grande campagne de prévention, mais aussi un projet qui s’annonce plus polémique : « renforcer l’éducation à l’injection » pour les personnes concernées.

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La volonté d’Anne Hidalgo et de son équipe de s’aventurer sur le terrain du chemsex n’a rien d’un hasard. « Paris est la ville historique du chemsex en France, et cette pratique connaît un essor très net depuis le début des années 2010 », explique Dorian Cessa, un médecin spécialiste de ce sujet. L’étude nationale qu’il vient de coordonner montre que l’utilisation de produits psychotropes, notamment de drogues de synthèse, afin d’intensifier et de prolonger les actes sexuels « s’est largement diffusée » au fil des années.

« Une dizaine de morts par an »

Dans un premier temps, « cette pratique est restée très circonscrite aux hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes », notamment lors de « partouzes », et elle concernait surtout Paris, explique Dorian Cessa. Mais une bonne partie des 1 196 personnes qui ont participé à l’enquête menée au premier semestre ne correspond plus à ce profil. Un quart d’entre elles ne vivent pas dans les métropoles, constate le médecin. Et les homosexuels masculins ne représentent plus que 75 % des répondants. Des femmes et des hétérosexuels libertins se sont aussi mis à consommer ces drogues. « Il faut dire que l’achat est devenu très facile, relève Jean-Luc Roméro-Michel. Vous tapez sur votre portable, et les produits vous sont livrés le lendemain, dans une enveloppe, à des prix très accessibles. » De l’ordre de 15 euros le gramme, soit quatre fois moins cher que la cocaïne.

Cette pratique s’est répandue, « démocratisée », avec le succès des applications de rencontres mais aussi avec le Covid-19 et les confinements « qui ont aboli certaines frontières », confirme Anne Souyris, l’adjointe parisienne chargée de la santé. Selon une étude britannique, 25 % à 30 % des utilisateurs d’applications gay comme Grindr recourraient au chemsex.

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