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Paludisme : « Pourquoi l’OMS recommande-t-elle un vaccin efficace à seulement 30 % ? »

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Un enfant reçoit une injection de vaccin contre le paludisme à Yala, au Kenya, le 7 octobre 2021. Un enfant reçoit une injection de vaccin contre le paludisme à Yala, au Kenya, le 7 octobre 2021.

Tribune. Le 6 octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé le vaccin RTS,S/AS01, développé par le groupe pharmaceutique britannique GSK, pour la lutte contre le paludisme. Dans les médias, les articles traitant de cette nouvelle se sont félicités de l’avancée scientifique que représente le développement d’un vaccin antipaludique. Pourtant, avec une efficacité estimée de 30 %, quelles pourraient être les conséquences de son déploiement sur le terrain ? A notre connaissance, aucun article ne s’est penché sur cette question.

Au début des années 2000, le paludisme – une maladie provoquée par un parasite unicellulaire transmis par la piqûre de certains moustiques – tuait 800 000 personnes par an, en majorité des enfants en bas âge des pays d’Afrique subsaharienne. Les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies ont permis une réelle amélioration. Mais 400 000 individus en meurent toujours chaque année et le chemin à parcourir pour se libérer définitivement de ce fardeau semble encore long.

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Actuellement, la lutte contre le paludisme repose sur la prévention de la piqûre infectante des moustiques vecteurs (notamment grâce à des moustiquaires), le diagnostic rapide de l’infection et le traitement avec des molécules antiparasitaires (antipaludéens). Ces médicaments soignent tous les cas de paludisme simples avec une efficacité proche de 100 %. C’est l’utilisation combinée de ces différents outils qui a permis de réduire le nombre de victimes jusqu’au niveau actuel.

Le paludisme est donc une maladie que l’on peut prévenir et guérir, si tant est que le diagnostic est établi et le traitement administré le plus rapidement possible après l’apparition des premiers symptômes. Le défi majeur pour diminuer davantage le nombre de morts est d’augmenter l’accès à cet arsenal, qui reste limité pour les populations les plus pauvres et dans les zones les plus reculées.

Quatre injections en un an

Concernant le vaccin RTS,S/AS01, l’OMS recommande l’administration de quatre doses aux enfants à partir de l’âge de 5 mois. Ces quatre injections répétées en l’espace d’un an procurent une efficacité de 30 %, limitée dans le temps (de douze à dix-huit mois).

Ainsi, parmi des enfants infectés par le parasite, seuls trois vaccinés sur dix seraient protégés des crises de paludisme graves, tandis que les sept autres seront toujours susceptibles de développer la maladie et d’en mourir. Si l’avancée scientifique que représente ce vaccin est indéniable, la portée médicale annoncée ne peut être évaluée qu’en regard du contexte sanitaire et socio-économique de chaque pays concerné et des schémas prophylactiques et thérapeutiques qui y sont déjà mis en œuvre.

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