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Le Tchad fait ses adieux à Deby alors que la France et ses alliés soutiennent son fils

Le Tchad a commencé vendredi les cérémonies funéraires du dirigeant vétéran Idriss Deby Itno, figure clé de la lutte contre l’insurrection djihadiste au Sahel, alors que la France et ses alliés régionaux ont exprimé leur soutien à son fils et successeur, Mahamat Idriss Deby.

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L’aîné Deby, qui avait dirigé le vaste État semi-désertique d’une main de fer pendant 30 ans, est décédé des suites de blessures subies en combattant les rebelles ce week-end, a annoncé mardi l’armée.

Sa mort a stupéfié le Sahel et son principal allié la France, luttant contre une révolte djihadiste vieille de neuf ans qui a fait des milliers de morts et forcé des centaines de milliers de personnes à quitter leurs maisons.

Son cercueil, drapé du drapeau national et entouré de troupes d’élite, a été conduit à l’arrière d’une camionnette jusqu’à la place de la Nation pour des cérémonies auxquelles assistaient des dirigeants étrangers, dont le président français Emmanuel Macron.

Il s’en est suivi une salve de 21 coups de canon pour Déby, qui n’avait été déclaré maréchal qu’en août dernier – le premier de l’histoire du Tchad – après avoir mené une offensive contre les djihadistes dans l’ouest du pays.

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Juste avant les funérailles, Macron et ses homologues du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Niger ont rencontré conjointement le fils de Deby.

Les dirigeants, exprimant une « unité de vues », ont déclaré qu’ils « se tenaient aux côtés du Tchad et ont exprimé leur soutien conjoint au processus de transition civilo-militaire, pour la stabilité de la région », a déclaré un responsable présidentiel français.

Le général de 37 ans a été nommé président et chef d’un conseil militaire immédiatement après l’annonce de la mort de Deby.

Il exercera les pleins pouvoirs mais a promis des élections « libres et démocratiques » après une période de transition de 18 mois qui peut être prolongée une fois.

Cette décision a été qualifiée de « coup d’État institutionnel » par l’opposition.

La mort de Deby a été annoncée le lendemain de sa déclaration de vainqueur des élections du 11 avril, lui donnant un sixième mandat après trois décennies à la tête.

L’armée a déclaré que l’homme de 68 ans était décédé des suites de blessures subies alors qu’il dirigeait des troupes au combat contre des rebelles lourdement armés qui avaient lancé une incursion depuis la Libye voisine.

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Le Front pour le changement et la concorde au Tchad (FACT) s’est engagé à poursuivre son offensive après une pause pour les funérailles de Deby, le porte-parole Kingabe Ogouzeimi de Tapol déclarant à l’AFP que les rebelles étaient « en route vers N’Djamena ».

Lundi – le jour de sa mort signalée – l’armée avait revendiqué une « grande victoire », affirmant qu’elle avait tué plus de 300 rebelles FACT et capturé 150 autres, avec la perte de cinq soldats.

Pays instable
Les alliés du défunt leader avaient agi rapidement pour s’assurer que le pouvoir reste entre leurs mains, en installant le jeune Deby, surnommé « Kaka », en tant que président et chef d’un conseil militaire de transition tout en dissolvant le parlement et le gouvernement.

Le jeune Déby commandait jusqu’à présent la très haute garde républicaine.

Son père a pris le pouvoir dans un pays chroniquement instable en 1990 et avait déjoué à deux reprises des tentatives de coup d’État avec le soutien de la France.

Il a été maintes fois reconduit au pouvoir lors d’élections dénoncées par les opposants comme frauduleuses.

Mais il s’est fait une réputation en Occident pour sa fiabilité dans la lutte pour faire reculer les djihadistes, dont la campagne a secoué la vaste région appauvrie.

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Le Tchad dispose de forces armées très respectées et abrite le siège de la mission anti-jihadiste française Barkhane, forte de 5 100 hommes.

Il s’associe également au Burkina Faso, au Mali, à la Mauritanie et au Niger dans une coalition régionale anti-jihad appelée G5 Sahel.

Escorte blindée française
Macron était le seul chef d’État occidental à assister aux funérailles.

Des véhicules blindés français ont escorté Macron à l’ambassade après son arrivée à la base militaire utilisée pour le siège de Barkhane, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’Union africaine (UA) était représentée par son président actuel, le président Felix Tshisekedi de la République démocratique du Congo, et l’Union européenne par son chef de la politique étrangère, Josep Borrell.

Les funérailles devaient être suivies de prières à la Grande Mosquée de la capitale.

La dépouille de Deby sera transportée par avion à mille kilomètres (600 miles) à l’est du village d’Amdjarass près de la frontière soudanaise, où il sera enterré aux côtés de son père près de sa ville natale de Berdoba.

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