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Le recours aux antibiotiques globalement en baisse en médecine vétérinaire

Rubis, chatte femelle d’un an, avec sa propriétaire, à Chaville (Hauts-de-Seine), le 6 septembre 2021, avant l’intervention d’un vétérinaire. Blessée, elle sera soignée avec des antibiotiques. Rubis, chatte femelle d’un an, avec sa propriétaire, à Chaville (Hauts-de-Seine), le 6 septembre 2021, avant l’intervention d’un vétérinaire. Blessée, elle sera soignée avec des antibiotiques.

S’il y a un domaine dans lequel médecine humaine et médecine vétérinaire doivent travailler de concert, c’est la lutte contre l’antibiorésistance. Les antimicrobiens sont nécessaires pour traiter un grand nombre d’infections chez les humains comme chez les animaux, mais leur usage inadapté a favorisé au fil des décennies l’apparition de souches bactériennes résistantes, se transmettant entre espèces et mettant en péril l’efficacité des traitements. Les données sur l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire, publiées jeudi 18 novembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), attestent d’une baisse marquée de leur usage en France, avec des nuances selon les espèces.

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Quinze ans après l’interdiction totale par l’Europe du recours aux antibiotiques comme facteur de croissance des animaux d’élevage, d’autres progrès ont été enregistrés dans l’usage vétérinaire de ces traitements. La publication de l’Anses repose sur plusieurs indicateurs : les ventes déclarées par les laboratoires, mais aussi l’exposition des animaux, c’est-à-dire le rapport entre la biomasse traitée et la biomasse totale, qui tient compte de la posologie et de la durée d’administration des médicaments et, enfin, la surveillance des bactéries résistantes aux antibiotiques.

Hausses qui appellent à la vigilance

Depuis 2011, année de lancement d’un premier plan gouvernemental Ecoantibio, l’exposition globale des animaux aux antibiotiques a reculé de 45,4 %. La diminution est très importante chez les volailles (− 64,4 %) et les porcs (− 55,5 %), mais plus modeste chez les bovins (− 22,5 %) et les chats et chiens (− 11,8 %). L’évolution annuelle sur la seule année 2020 est plus contrastée : dans certaines filières, la baisse s’est poursuivie, comme pour les volailles (− 9,7 % entre 2019 et 2020) et les porcs (− 3,2 %), tandis qu’une progression est observée chez les lapins (+ 2,5 %), les bovins (+ 2,9 %) et, surtout, chez les chats et les chiens (+ 5,1 %).

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Pour l’agence sanitaire, ces hausses appellent à la vigilance, même si des facteurs conjoncturels peuvent intervenir, comme une mauvaise météo par exemple. Les traitements des chats et des chiens alertent particulièrement l’Anses, qui émet plusieurs hypothèses : une attention accrue pendant les confinements aux signes d’infection, des reports de soins et des prises en charge de pathologies à des stades plus avancés…

« En médecine des animaux de compagnie, on est sur une médecine individuelle, qui se rapproche de la médecine humaine, détaille Gilles Salvat, directeur général délégué de l’Anses. On n’est pas dans une pathologie de troupeau, on est dans une stratégie où il faut sauver l’animal et parfois se heurter à des impasses thérapeutiques comme, par exemple, les pathologies cutanées chez le chien qui nécessitent des traitements longs. »

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