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JO 2024 : pour Accor, un partenariat gagnant-gagnant

Nicolas Ferrand, directeur général de Solideo, et Tony Estanguet visitent le futur parc sportif de la Plaine du Bourget, le 15 novembre 2021. Nicolas Ferrand, directeur général de Solideo, et Tony Estanguet visitent le futur parc sportif de la Plaine du Bourget, le 15 novembre 2021.

« Merci pour ça. C’est un engagement massif. » Jeudi 4 novembre, sous les ors de l’Elysée, Emmanuel Macron a chaleureusement remercié l’hôtelier Accor d’« investir pour la centrale de réservation hôtelière officielle » de la Coupe du monde de rugby 2023 et des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris en 2024.

Ce jour-là, Accor annonçait devenir partenaire officiel des JOP 2024. Sa filiale ResaEvents, créée pour l’occasion il y a un an, prendrait en charge la répartition des chambres d’hôtels pour les participants et officiels des Coupes du monde de rugby et Jeux olympiques. Pour ces derniers, le groupe prendra également en main les services d’hébergement au sein des villages des athlètes et des médias. Autant de marchés attribués sans appel d’offres, qui interrogent quant aux dérogations aux règles de la commande publique permises dans le cadre des grands événements sportifs.

Pour Accor, c’est un retour par la grande porte dans l’univers de la distribution entre professionnels, quinze ans après sa dernière expérience en la matière lors de la Coupe du monde de rugby 2007 en France. C’est aussi un nouvel exemple de ses ambitions dans le sport, qu’est venue rappeler la signature récente d’un contrat avec la Coupe du monde de football 2022. Ce dernier marché, qui prévoit la création de résidences touristiques provisoires au Qatar le temps de la compétition, a été obtenu « à l’issue d’un appel d’offres international », s’empresse de préciser le groupe, soucieux d’éloigner les soupçons de favoritisme auprès de Doha, à la fois deuxième actionnaire et partenaire privilégié.

Les organisateurs des grands événements français n’ont pas eu les mêmes précautions, attribuant en catimini le marché de la distribution de chambres d’hôtels. Contrairement à leurs propres habitudes depuis le début de la candidature parisienne.

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Intérêts communs

Quoique ne dépendant pas exclusivement de l’argent public, le Groupement d’intérêt public (GIP) de France 2023 – qui n’a pas répondu aux questions du Monde en raison d’« une semaine très chargée » – et le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) répondent au code de la commande publique. Mais la constitution d’un groupement d’intérêt économique (GIE) par France 2023, titulaire des droits commerciaux de la Coupe du monde de rugby, et les partenariats olympiques permettent de le contourner. Au marché public, les comités organisateurs ont donc préféré la discussion en gré à gré, se trouvant avec Accor des intérêts communs.

Dès le mois d’août 2020, le GIE formé par France 2023 a vendu les droits de distribution hôtelière pour 850 000 euros à ResaEvents. La filiale d’Accor se rémunérera avec une commission de 10 % sur chaque réservation, dans la fourchette basse des standards. Le contrat sur la Coupe du monde de rugby a peu de chances d’être une grande opération financière pour Accor. Mais il constitue un galop d’essai indispensable avant le dossier, plus complexe, des Jeux olympiques.

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