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« Je ne mange plus que la “mort subite” » : en Côte d’Ivoire, le prix des denrées alimentaires explose

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Tania vend ses bananes plantains sur le marché d’Anono, le 13 novembre 2021. Comme d’autres denrées, le fruit est devenu trop cher pour de nombreux consommateurs de ce quartier populaire d’Abidjan. Tania vend ses bananes plantains sur le marché d’Anono, le 13 novembre 2021. Comme d’autres denrées, le fruit est devenu trop cher pour de nombreux consommateurs de ce quartier populaire d’Abidjan.

Sous le marché couvert d’Anono, à Abidjan, les bananes plantains de Tania noircissent à vue d’œil. La vendeuse use de tous les arguments pour appâter le chaland : « Vous pouvez les conserver encore plusieurs jours, certains les aiment un peu plus molles, ça fond dans la bouche. » Mais rien n’y fait : dans ce quartier populaire, les clients passent leur chemin.

Et pour cause, « c’est six bananes à 500 francs CFA [0,76 euro] », dit Tania. Presque deux fois plus cher que le prix qu’elle proposait en début d’année. A ses côtés, Rachel, une cliente, fustige la hausse des prix sur les marchés et le casse-tête quotidien pour les familles. « Tout augmente, souffle-t-elle. L’huile, les bananes, les tomates, les oignons… On doit tout calculer, ça nous fatigue. »

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Les chiffres officiels confirment cette valse des étiquettes en Côte d’Ivoire, mais pas dans les mêmes proportions. Selon les données de l’Institut national de la statistique, entre juillet 2020 et juillet 2021, l’indice harmonisé des prix à la consommation a augmenté de 4,7 %. Et dans le détail, certains produits comme la viande ou le poisson ont connu des envolées dépassant les 10 %.

Cette flambée des prix des denrées alimentaires est qualifiée de « situation d’urgence » par les autorités. Alerté de la colère qui grondait dans les foyers, le premier ministre, Patrick Achi, s’est rendu en juillet sur l’un des plus grands marchés d’Abidjan pour annoncer le « contrôle des prix » de certains produits alimentaires de première nécessité, notamment le riz, l’huile de palme raffinée, la farine et la viande de bœuf. Une décision de court terme, censée juguler la hausse des prix autant que la grogne populaire, mais aux résultats jusqu’ici mitigés. La faute, selon les autorités, aux commerçants qui s’adonnent à la spéculation.

Un seul repas par jour

Quelques jours après l’annonce du premier ministre, un mouvement de protestation dénonçant la cherté de la vie a tenté de s’élever dans les rues de la capitale économique. Une manifestation aussitôt étouffée par des forces de l’ordre, venues en nombre. Et depuis, plus rien. « La population a peur de s’exprimer, il faut des porte-voix pour que les plus précaires soient entendus », s’insurge Salif Sanogo, un habitant d’Anono membre d’une association informelle qui vient en aide aux familles les plus pauvres du quartier.

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