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Ghada Hatem, celle qui répare les femmes victimes de violences

Ghada Hatem, à Saint-Denis (Saint-Saint-Denis), le 19 mai 2020. Ghada Hatem, à Saint-Denis (Saint-Saint-Denis), le 19 mai 2020.

Ghada Hatem est sur tous les fronts. A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, jeudi 25 novembre, celle qui a fondé la Maison des femmes à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en 2016, poursuit son combat pour mieux prendre en charge les victimes de violences physiques, sexuelles, psychiques. Depuis son ouverture, la Maison des femmes a accueilli près de 20 000 d’entre elles en consultation, qu’elles soient battues, excisées, confrontées à des grossesses non désirées…

C’est la première structure en France à proposer une prise en charge globale alliant soins médicaux et accompagnement psychosocial. Ghada Hatem dirige une équipe d’une trentaine de salariés – médecins, sages-femmes, psychologues, infirmiers, mais aussi assistantes sociales, policiers, juristes, d’une dizaine d’intervenants extérieurs – et d’une centaine de bénévoles qui animent des groupes de parole et des ateliers (théâtre, karaté…), une offre de soins unique. Ce travail en équipe prend ici tout son sens. Et pour beaucoup, le moteur, « c’est Ghada ». Malgré un emploi du temps très chargé, l’intéressée, chevelure de lionne, yeux bleu clair, écoute et reçoit avec le sourire, et beaucoup d’humour.

Niché dans la cité de Saint-Denis, à côté de l’hôpital Delafontaine, l’endroit est chaleureux, multicolore, gai – un rempart face à la détresse. Sur chaque porte des salles de consultation, des portraits signés Paul Wardé rendent hommage aux héroïnes de la lutte pour les droits des femmes. Seul homme ayant droit de cité parmi ces portraits, Lucien Neuwirth, le député qui a fait voter la loi légalisant la pilule en 1967.

Une demande immense

Depuis, le modèle a essaimé. Au total, on compte une vingtaine de structures. Celle de Marseille (adossée à l’AP-HM) devrait ouvrir ses portes en décembre, celle de Bichat (AP-HP) dans quelques jours, celle de La Pitié-Salpêtrière (AP-HP) vient d’être inaugurée, sans compter Tours, Rennes, Bourg-en-Bresse et bien d’autres… La demande est immense, de France et de l’étranger. Ce qui est très chronophage pour l’équipe de pionniers.

Les violences contre les femmes et les filles se sont accrues pendant les confinements liés à la pandémie de Covid-19. Et les signalements augmentent toujours. « On ne peut pas dire que les hommes sont plus violents, mais on sait que la précarité et les difficultés sociales sont des cofacteurs de la violence », s’inquiète Ghada Hatem. Malgré cela, « le nombre de victimes qui vont jusqu’au dépôt de plainte reste très insuffisant, de l’ordre de 25 % », regrette-t-elle. Pour faciliter cette démarche, des policiers, formés et volontaires, sont présents chaque semaine à la Maison des femmes. Au sein de cette structure, il est prévu d’ouvrir « le plus vite possible » une petite unité médicojudiciaire consacrée aux femmes victimes de violences sexuelles, accessible 24 heures sur 24.

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