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Election présidentielle 2022 : Xavier Bertrand et Emmanuel Macron en désaccord sur le cas Ascoval

Xavier Bertrand, président de la Région des Hauts-de-France et Emmanuel Macron, lors de la visite du Familistère Godin de Guise, le 19 novembre 2021. Xavier Bertrand, président de la Région des Hauts-de-France et Emmanuel Macron, lors de la visite du Familistère Godin de Guise, le 19 novembre 2021.

« Je veux sauver cette usine. Vous aussi ? » Profitant d’une visite d’Emmanuel Macron au familistère de Guise (Aisne), vendredi 19 novembre, Xavier Bertrand a interpellé directement le président de la République sur la situation de l’aciérie Ascoval. L’avenir de l’usine située à Saint-Seaulve (Nord), qui emploie 270 salariés et qui produit des barres d’acier destinées à la fabrication de rails, demeure flou. Le groupe allemand Saarstahl qui la détient envisageait en effet de délocaliser une partie de sa production en Allemagne, où les hauts-fourneaux tournent au charbon, bien moins cher que l’électricité, dont les prix flambent.

Après une réunion à Bercy jeudi soir, Saarstahl, qui détient l’aciérie depuis juin 2021, a finalement renoncé à son projet. Mais le gouvernement n’a pas précisé les garanties accordées, suscitant l’inquiétude de M. Bertrand. « La solution retenue n’est pas satisfaisante, a ainsi lancé le président de la région des Hauts-de-France et candidat à l’investiture du parti Les Républicains (LR) à destination du chef de l’Etat. C’est le tarif de l’électricité le problème. Tant qu’on aura la concurrence des Allemands avec le charbon, ils [Ascoval] ne seront pas compétitifs. Il faut leur accorder le tarif préférentiel, c’est la seule façon de les sortir d’affaire durablement. »

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« Comme vous le savez, cher président du conseil régional, la ministre [chargée de l’industrie] y a passé sa journée et sa nuit », lui a rétorqué M. Macron, l’invitant à « en parler » à Agnès Pannier-Runacher, qui a annoncé que le contrat liant Ascoval à EDF allait changer au 1er janvier pour « stabiliser » le coût de l’électricité. « Je veux sauver cette usine. Vous aussi ? », a alors insisté M. Bertrand. « Ils ont à ma demande dès hier convoqué l’entreprise », a répliqué M. Macron. « Je vous dis que ce n’est pas ça la solution », l’a interrompu le président de région, en exigeant « des garanties » sur le tarif de l’électricité accordé à l’usine qui emploie 270 salariés.

« Vous savez peut-être mieux que tous les autres », s’est énervé M. Macron. « Le problème n’est pas de savoir qui a raison de nous deux, prenez en compte le point de vue dont je suis le porte-parole », a rétorqué son interlocuteur. Le chef de l’Etat a alors coupé court en concluant : « Je vous remercie d’être aux côtés des autres élus qui œuvrent pour le territoire. Avec moi vous avez un président de la République qui se bat pour l’industrie sur le terrain. »

« Nous sommes soulagés »

Dans un communiqué diffusé vendredi après-midi, Saarstahl a confirmé que « les réflexions concernant un éventuel transfert limité et temporaire de volumes ne sont plus poursuivies ». Le groupe sidérurgique a souligné le « succès » de « nombreux pourparlers » avec « les clients, les fournisseurs, les membres du personnel », qui ont eu lieu en « collaboration avec les autorités françaises », mais sans donner plus de détails sur les contreparties ou les assurances obtenues pour renoncer à son projet.

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« On ne va pas pouvoir rentrer dans le détail de conversations entre un client et son fournisseur, mais ce qui a été au cœur de la solution a été la renégociation des conditions contractuelles s’agissant des rails, avec l’ensemble des clients, qui sont notamment français et belges. Je pense que le premier client d’Hayange est bien connu », a fait savoir le cabinet de la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, en allusion à la SNCF.

Trois pistes de travail avaient notamment été mises sur la table lors des différentes réunions de travail entre le sidérurgiste allemand et les représentants du gouvernement, dont l’une était d’indexer le contrat liant Saarstahl avec la SNCF sur les cours mondiaux du fer qui s’envolent. Une autre option était d’adapter le contrat de fourniture d’électricité d’Ascoval auprès d’EDF. En déplacement vendredi dans l’Isère, Mme Pannier-Runacher a salué une décision « trouvée collectivement ».

« Ce qui était en jeu, c’était une production d’acier électrique, c’est-à-dire à 90 % décarbonée en France, par rapport à une production au charbon. On voyait bien toute l’absurdité collective d’une décision de cette nature », a souligné la ministre. Côté syndical, « nous sommes soulagés, c’était un non-sens pour nous », d’autant « que c’est de l’argent public qui nous a sauvés », a réagi auprès de l’Agence France-Presse Cyril Morelle, élu CGT.

Le Monde avec AFP

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