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Election présidentielle 2022 : la campagne à très bas bruit d’Anne Hidalgo

Election présidentielle 2022 : la campagne à très bas bruit d’Anne Hidalgo Election présidentielle 2022 : la campagne à très bas bruit d’Anne Hidalgo

Au petit matin du jeudi 25 novembre, entre Saint-Etienne et Chambéry, le train longe le lac du Bourget survolé par une vilaine brume. Dans le compartiment, Anne Hidalgo évoque « l’univers ouaté » d’un de ses auteurs favoris, Patrick Modiano, quand, par hasard, un jeune militant de la primaire populaire, qui veut rassembler la gauche derrière une candidature unique, passe une tête. Il la reconnaît, il est très poli, mais : « On vous demande de faire équipe avec les autres partis de gauche. Vous direz quoi à vos enfants quand on aura encore perdu et que rien ne pourra s’arranger ? » La candidate socialiste à l’élection présidentielle le regarde en souriant, puis prend une profonde inspiration : « Quand je les vois faire, je ne pense pas que les autres soient capables de rassembler… Et puis, se retirer derrière un mec, c’est fini ! » Le jeune type reste sans voix. Il sent bien qu’elle est d’une résolution inflexible, qu’il y a là comme un serment solennel.

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Anne Hidalgo aime tellement l’adversité que, deux jours plus tôt, elle visitait une usine de pare-chocs à Besançon. La maire de Paris, figure des antivoitures, chez un constructeur américain « qui emploie 2 000 employés en France ! On peut produire en France et faire de la valeur ajoutée, a tonné Anne Hidalgo. On a besoin de retrouver une industrie. » Aïe. « Quotidien », l’émission de Yann Barthès sur TMC, a dépêché une équipe sur place. Trop tentant. Avec « Quotidien », on doit faire attention à tout, « même quand on se gratte le nez », s’inquiète l’attachée de presse. Evidemment, « Quotidien » appuie sur le déficit de notoriété supposé de la candidate. La première ouvrière interviewée ne connaissait pas Anne Hidalgo, ni de vue, ni de nom. Reportage en boîte.

« Ça ne m’occupe pas beaucoup le cerveau. Ils font leur film, j’en vis un autre. » Anne Hidalgo est impassible, elle n’est pas lasse de prêcher dans une certaine indifférence médiatique. « Je sens une attente dans le pays, et ces déplacements me donnent de l’adrénaline. Lucidité et optimisme. » Sans que l’on soit sûr que ces deux mots aillent très bien ensemble lorsqu’on évoque sa campagne.

Anne Hidalgo avec l'agriculteur Sylvain Martin et son père sur leur exploitation laitière, à La Compôte (Savoie), le 25 novembre 2021. Anne Hidalgo avec l'agriculteur Sylvain Martin et son père sur leur exploitation laitière, à La Compôte (Savoie), le 25 novembre 2021.

Persévérance

Cette semaine, elle a réenclenché son tour de France. Mulhouse, Besançon, Saint-Etienne, Chambéry, Avignon, le long d’un fil rouge thématique : « Vivre de son travail. » Dans ce road trip parcouru, selon elle, en « terres de mission de la gauche, car ce ne sont que des départements de droite », il faut voir une métaphore de sa persévérance. Et un pari pour renverser la fatalité d’un scénario mortifère. Aller chercher les électeurs, construire une offre politique, « me nourrir » pour nourrir son projet, qui devrait être dévoilé en janvier. La vision, le fond pour viatique, et comme refuge, aussi. Loin du coup d’éclat permanent, loin « des dîners en ville parisiens. Il faut sentir ce qui monte dans le pays. J’ai choisi d’aller dans des endroits où personne ne va. Je suis friande de ces rencontres à échelle humaine. Pour comprendre des réalités différentes. Après ça, je sais que je ne parlerai pas du travail de la même façon. »

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