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Bercy prolonge d’un an la protection des fleurons nationaux

Bercy prolonge d’un an la protection des fleurons nationaux

Officiellement, il s’agit d’« accompagner la reprise », assure-t-on à Bercy. Mais, alors que la France plonge dans la cinquième vague de Covid-19 et que le nouveau variant Omicron sème la panique sur les marchés boursiers, l’annonce prend un tour très politique. La France a décidé de prolonger d’un an le renforcement du contrôle des investissements étrangers dans les entreprises cotées, instauré durant la pandémie pour protéger les fleurons français fragilisés par la crise sanitaire, a annoncé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lundi 29 novembre sur France 2.

Le seuil de déclenchement du contrôle, par l’Etat, des investissements d’entreprises étrangères (non européennes) dans le capital d’entreprises françaises cotées avait été abaissé de 25 % à 10 % à l’été 2020. Cela « devait prendre fin au 31 décembre. Je le prolonge d’une année supplémentaire », a déclaré M. Le Maire dans l’émission « Les 4 vérités ». Ce contrôle concerne une quinzaine de secteurs stratégiques, comme l’énergie, la défense, les transports ou l’alimentation. En avril 2020, Bruno Le Maire avait annoncé un renforcement du dispositif de contrôle des investissements étrangers issu du « décret Montebourg » de 2014, déjà élargi en 2018 dans le cadre de la loi Pacte : le secteur des biotechnologies (vaccins) avait été ajouté à ceux soumis à ­autorisation. En juillet 2020, le seuil de détention d’une entreprise française à partir duquel un investisseur non européen doit déposer une demande préalable à Bercy, déjà abaissé de 33 % à 25 % des droits de vote, avait été de nouveau réduit, pour les entreprises cotées, à 10 %.

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« Pendant la crise, nous avons abaissé ce seuil de détention à 10 % en disant : “Faisons attention parce qu’au lendemain de la crise il y a des entreprises qui peuvent être fragilisées et on risque de perdre un certain nombre de compétences, de technologies, de savoir-faire” », a expliqué le locataire de Bercy, lundi matin. « Le contexte sanitaire et économique actuel ne permet pas d’écarter les risques sur ces entreprises françaises cotées », ont justifié le ministre de l’économie et le ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, Franck Riester, dans un communiqué commun. Le CAC 40 a enregistré vendredi sa plus forte chute depuis le premier confinement en France (– 4,75 %), à la suite de l’apparition du nouveau variant du coronavirus en Afrique du Sud.

Une mesure « essentiellement politique »

A moins de cinq mois du scrutin présidentiel, il s’agit d’éviter un éventuel raid hostile sur un fleuron tricolore, à l’image du rachat de la branche énergie d’Alstom par l’américain General Electric, en 2014, quand Emmanuel Macron était ministre de l’économie, aujourd’hui considéré comme un symbole de l’échec de la stratégie de souveraineté économique du pays. Ou, à tout le moins, de pouvoir en faire un argument de force face aux oppositions qui ne manqueront pas d’épingler l’exécutif sur le sujet.

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