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A Mayotte, l’eau du robinet déconseillée aux enfants de moins de 4 ans en raison d’un excès de manganèse

File d’attente pour obtenir de l’eau à Tsoundzou en février 2021. File d’attente pour obtenir de l’eau à Tsoundzou en février 2021.

La consommation de l’eau du robinet a été déconseillée aux enfants de moins de 4 ans dans le nord-est de Mayotte, en raison d’un excès de manganèse, a annoncé samedi 20 novembre la Société mahoraise des eaux (SMAE). La zone concernée abrite 120 000 habitants, soit près de la moitié de la population officielle mahoraise.

La filiale de Vinci, chargée de l’alimentation et de la distribution de l’eau potable, a expliqué dans un communiqué que l’eau était en excès de manganèse en provenance de la retenue de Dzoumogné, l’une des principales ressources en eau à Mayotte. Or, en aval, la station de traitement d’eau potable de Bouyouni n’est pas équipée d’un dispositif de traitement du manganèse.

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Des coupures d’eau de 17 heures à 7 heures du matin

L’incident s’ajoute à des problèmes d’approvisionnement en eau récurrents dans le département d’outre-mer. Depuis plus d’un mois, les Mahorais sont confrontés aux « tours d’eau » : des coupures d’eau se produisent deux fois par semaine, selon une rotation organisée par village, de 17 heures à 7 heures du matin, en raison de la faiblesse du niveau des nappes phréatiques, rivières, forages, ainsi que des dysfonctionnements à l’usine de dessalement d’eau de mer de Pamandzi.

La vétusté du réseau de canalisations est également pointée. En 2016 et 2017, Mayotte avait déjà vécu une crise de l’eau avec des coupures qui avaient duré plus de trois mois en raison de la sécheresse et d’un début de la saison des pluies tardif. Par ailleurs, selon une enquête de l’Insee, un tiers des habitants de l’île n’ont pas un accès à l’eau courante.

Un plan urgence eau Mayotte avait été adopté par le gouvernement en 2017, qui prévoyait l’interconnexion des deux retenues de Dzoumogné et Combani, le rehaussement de la retenue de Combani, la construction d’une usine de dessalement en Grande-Terre et 5,5 millions d’euros d’investissement pour le syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte (SIEAM).

Si une grande partie des travaux a été réalisée, la troisième retenue, programmée il y a vingt ans, n’a toujours pas été construite, alors que le SIEAM, devenu le syndicat mixte d’eau et d’assainissement de Mayotte (SMEAM), est en difficulté financière. La situation avait alerté la chambre régionale des comptes dans son dernier rapport, alors qu’une enquête du parquet national financier a été ouverte.

Le Monde avec AFP

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